Benzodiazépine

Les benzodiazépines sont une classe de médicaments aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptiques, amnésiantes et myorelaxantes.



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Antiépileptique - Benzodiazépine - Produit dopant - Médicament - Sommeil

Les benzodiazépines (BZD) sont une classe de médicaments aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptiques, amnésiantes et myorelaxantes. Les benzodiazépines sont fréquemment utilisées pour soulager à court terme l'anxiété, l'insomnie sévère ou incapacitante. L'usage à long terme peut être problématique à cause de la naissance d'une tolérance et d'une addiction (dépendance). On pense qu'elles agissent sur le GABAA, récepteur des GABA dont l'activation tempère l'activité des neurones. Elles sont apparues dans les années 1960 et 1970.

Le GABA est un neurotransmetteur inhibiteur. En se fixant à son récepteur qui est un canal ionique, il ouvre ce canal pour permettre le passage d'ions chlorure. Scientifiquement, on dit que les benzodiazépines sont des modulateurs allostériques positifs de la neurotransmission inhibitrice GABÆrgique : elles agissent sur un site différent de celui du GABA et augmentent l'affinité de celui ci pour son récepteur. Pour une même quantité de GABA, le canal ionique sera ouvert de manière plus importante, ce qui permettra le passage qui plus est d'ions chlorures et une inhibition plus forte.

Historique

Il a fallu attendre le milieu des année 50 pour que Sternbach émigré au cours de la guerre et œuvrant pour Hoffmann-La Roche sur ces dérivés de la quinoline en vue de production de colorants, synthétise par "erreur" la première benzodiazépine : le chlordiazépoxyde. La majorité des nombreuses molécules obtenues lors de ce programme de recherche s'étant révélées sans activité pharmacologique, Sternbach décida d'abandonner l'expérimentation de ces produits. Cependant, l'un de ses élèves, Earl Reader, soumit ces molécules à des tests. C'est dans ce contexte que Lowell Randall mit en évidence, en avril 1957, ses propriétés sédatives, myorelaxantes, anticonvuliviantes et souligna d'emblée son excellente tolérance. Un brevet fut déposé en mai 1958 pour un médicament qui allait devenir l'un des immenses succès commerciaux dans toute l'histoire de l'industrie pharmaceutique : le Librium. Dans les années qui suivirent, d'autres benzodiazépines furent commercialisées, qui sont toujours prescrites aujourd'hui : (Valium, Tranxène, Seresta, Lexomil, ... ).

Représentants de cette famille

Le tableau qui suit donne la liste des principales molécules benzodiazépines. Pour chaque molécule sont indiqués en outre :

Principales benzodiazépines
Molécule Spécialités Demi-vie Usage
Alprazolam Générique - Apotex® - Xanax® 6-12 h A
Bromazépam Générique - Anxyrex® - Bartul® - Bromiden® - Lectopam® 10-20 h A
Lexomil® - Lexotanil® - Quietiline®
Librax® - Librium® 36-200 h (Antispasmodique) + A
Clobazam Générique - Urbanyl® - Frisium® 8 h A
Clonazépam Générique - Rivotril® 18-50 h A
Clotiazépam Clozan® - Veratran® 4 h A
Clorazépate Belseren® - Tranxène® - Tranxilium® 36-100 h A
Diazépam Générique - Dialag® - E-Pam® - Novazam® - Paceum® - Valium® 36-200 h A
Psychopax® - Stesolid® - Vivol®
Estazolam Nuctalon® 10-24 h H
Flunitrazépam Narcozep® - Rohypnol® 36-200 h H
Lorazépam Générique - Ativan® - Loridem® - Serenase® - Temesta® 10-20 h A
Lormétazépam Noctamide® 10-12 h H
Loprazolam Havlane® 6-12 h H
Midazolam Générique - Dormicum® - Hypnovel® - Versed® 2-6 h H
Nitrazépam Générique - Imeson® - Mogadon® 15-38 h H
Nordaz® 50-120h A
Oxazépam Générique - Seresta® - Sigacalm® - Serax® 4-15 h A
Demetrin® - Lysanxia® - Serax® 36-200 h A
Témazépam Générique - Euhypnos - Levanxol® - Normison® - Planum® - Restoril® 8-22 h H
Tétrazépam Générique - Megavix® - Myolastan® - Panos® 3-26 h M
Triazolam Générique - Halcion® 2 h H

Les substances suivantes ne sont pas des benzodiazépines, mais ont des effets semblables :

Indications

Les benzodiazépines sont un anesthésiant de l'état anxieux. L'état anxieux n'est pas pathologique en soi, c'est une réponse de l'organisme à une situation d'alerte en un sens particulièrement large. Les symptômes qui en sont la conséquence peuvent être invalidants, et les benzodiazépines en anesthésiant cet état anxieux permettent de diminuer ou supprimer tous ou une partie de ces symptômes. Les benzodiazépines ne peuvent en aucune façon traiter les causes de l'anxiété.

L'usage des benzodiazépines comme «antidépresseur» est inadapté : sur l'échelle simplifiée : état dépressif -- état normal -- état anxieux ; les benzodiazépines se situent comme un correcteur d'un état anxieux et orientent par conséquent plutôt vers l'état dépressif. Les anglophones disent que les benzodiazépines sont surtout des «dépressants» (dépresseurs).

Les benzodiazépines sont parfois utilisées aussi pour provoquer une amnésie lors de procédures traumatisantes (par exemple cardioversions, intubations, inspection).

Les benzodiazépines sont quelquefois détournées pour leurs effets myorelaxants par des tireurs d'élite. L'effet myorelaxant est fréquemment recherché pour traiter certaine douleurs faisant intervenir une contracture musculaire comme le torticolis ou la lombalgie. On utilise dans ce cas préférentiellement le tétrazépam.

Les benzodiaépines sont aussi utilisées pour le traitement des crises convulsives comme celles rencontrées lors de crises d'épilepsie. C'est le cas du diazépam (Valium) ou du clonazépam (Rivotril). Ce dernier a d'ailleurs pour seule indication officielle le traitement de l'épilepsie, quoiqu'il soit trés fréquemment prescrit pour les troubles du sommeil.

Les posologies fluctuent énormément d'une benzodiazépine à l'autre, et il n'est par conséquent pas envisageable de transposer directement l'utilisation d'une dose de benzodiazépine à une autre.

Effets secondaires

L'usage des benzodiazépines est délicat du fait des risques de dépendance et tolérance. L'installation de la dépendance et/ou de la tolérance est particulièrement variable d'un patient à l'autre. L'arrêt doit être progressif et sous surveillance médicale. Les symptômes de sevrage comprennent nervosité, irritabilité, syndrome de panique, agoraphobie, insomnie, douleurs musculaires, troubles du dispositif digestif surtout troubles intestinaux, etc.

La corrélation entre la durée du traitement et la naissance de symptômes de sevrage serait forte. [réf.  nécessaire] Les Américains déconseillent une prescription sur une durée qui plus est d'un mois. En France, une benzodiazépine ne devrait pas être prescrite plus de trois mois[2] L'utilisation régulière de benzodiazépine n'est plus efficace après quelques semaines à quelques mois[3].

Le professeur Édouard Zarifian déplore le fait que ces médicaments soient «distribués aux usagers qui ne sont pas nécessairement tous atteints de maladie psychiatrique, n'importe lorsque, n'importe comment et pour n'importe quoi». Selon lui, les responsables de cette situation en France sont les médecins[4].

La durée du sevrage est variable selon les individus. Il s'effectue via une diminution progressive de la dose de benzodiazépine. Les Anglosaxons mettent en place des groupes «Tranx», identiques aux groupes de soutien aux alcooliques ou aux toxicomanes.

Syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines

Chez 10 à 15% des patients, les manifestations de sevrage ne disparaissent qu'après plusieurs mois, ou alors plusieurs années[5]. Les principaux symptômes de sevrage de longue durée sont l'angoisse, l'insomnie, la dépression, divers symptômes sensoriels et moteurs, des troubles gastro-intestinaux, mais aussi des troubles de la mémoire et des troubles cognitifs[6]. Selon le professeur Malcolm Lader [7].  : «Certains de ces groupes de victimes des tranquillisants peuvent documenter sur des personnes qui ont toujours des symptômes de sevrage dix ans après l'arrêt.» Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines est une maladie iatrogénique.

Les études anglo-saxonnes montrent[réf.  nécessaire] qu'environ 50 % des patients dépendants aux benzodiazépines retrouvent leur santé après sevrage. À peu près 25 % constatent un bénéfice particulièrement substantiel après sevrage, quoique certaines séquelles presque toujours psychologiques ou neurologiques restent plus ou moins présentes.

La fréquence d'apparition d'un syndrome de sevrage chez les consommateurs chroniques de benzodiazépines se situe entre 15 et 26 %, mais les fréquences augmentent avec l'ancienneté du traitement (autour de 80% pour des traitements supérieurs à 3 ans) [8].

Intoxication

Dépression respiratoire plus ou moins prononcée, elle est antagonisable avec le flumazénil (Anexate). Ils sont bien plus sûrs que les barbituriques, la méthaqualone ou les anesthésiques halogénés grâce à l'existence de cet antidote. Attention chez l'utilisateur régulier elle peut conduire à un syndrome de sevrage.

Statut légal

Aux États-Unis, le flunitrazépam (Rohypnol®) et le bromazépam (Lectopan®) sont des stupéfiants et ne sont pas disponibles.

En Belgique, la délivrance de benzodiazépines est soumise à ordonnance. Le flunitrazépam (Rohypnol®) est une substance réglementée assimilé aux stupéfiants. Seule la forme à 1 mg est toujours autorisée (celle à 2 mg est interdite).

La réglementation française concernant les hypnotiques et les tranquillisants[9] : Arrêté du 7 octobre 1991[10] fixant la liste des substances de la liste I des substances vénéneuses à propriétés hypnotiques et/ou anxiolytiques dont la durée de prescription est réduite.

Références

  1. Biam
  2. Sécurité d'emploi des benzodiazépines et produits apparentés. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.  : «Respecter la durée de prescription. Elle doit être aussi brève que envisageable, surtout : de huit à douze semaines dans les troubles anxieux, réduction de posologie comprise, de deux à cinq jours en cas d'insomnie occasionnelle et deux ou trois semaines en cas d'insomnie transitoire.»
  3. Usage rationnel des benzodiazépines
  4. non aux benzodiazépines, somnifères....  : n'importe comment et pour n'importe quoi»les responsables de cette situation en France sont les médecins
  5. PROTRACTED WITHDRAWAL SYMPTOMS
  6. Usage rationnel des benzodiazépines
  7. benzo. org. uk : Professor Malcolm H Lader : CV & Quotations
  8. OFFICE PARLEMENTAIRE D'ÉVALUATION DES POLITIQUES DE SANTÉ http ://www. assemblee-nationale. fr/12/rap-off/i3187. asp
  9. La réglementation française concernant les hypnotiques et les tranquillisants
  10. arrêté du 7 Octobre 1991 Prescription des hypnotiques et anxiolytiques

Bibliographie
  • (fr) guide critique des médicaments de l'ame professeur david Cohen
  • (en) Your Drug May Be Your Problem professeur peter Breggin
  • (en) Benzodiazépine : Ashton manual par la professeure Ashton. This manual contains information about the effects that benzodiazepines have on the brain and body and how these actions are exerted.
  • Di Porritt & Di Russell. The accidental addict; sleeping pills and tranquillisers that make you sick. Pan Australia, 1984.
  • M. Le Bellec, Ch. Bismuth, G. Lagier, S. Dally. Syndrome de sevrage sévère après arrêt des benzodiazépines. Thérapie, 1980, vol. 35, pp 113-118. --- Peut-être (?) le premier cas signalé par des professionnels français de graves syndromes de sevrage ; surtout deux cas de coma stade 2.
  • Heather Ashton. Benzodiazepine Withdrawal : outcome in 50 patients. British Journal of Addiction, 1987, vol. 82, pp 665-671.
  • Michel Bourin. Les benzodiazépines ; de la pharmacocinétique à la dépendance. Ellipses, 1989.
  • A. Pelissolo, J. -C. Bisserbe. Dépendance aux benzodiazépines ; aspects cliniques et biologiques. L'Encéphale, 1994, vol. XX, pp. 147-157.
  • A. Pelissolo : «Bien se soigner avec les médicaments psy». Odile Jacob, 2005.

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