Erreur médicamenteuse

L'erreur médicamenteuse est "un événement iatrogène médicamenteux évitable, résultant d'un dysfonctionnement non intentionnel dans l'organisation de la prise en charge thérapeutique médicamenteuse du patient.



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Définition (AAQTE)

L'erreur médicamenteuse (EM) est "un événement iatrogène médicamenteux (EIM) évitable, résultant d'un dysfonctionnement non intentionnel dans l'organisation de la prise en charge thérapeutique médicamenteuse du patient.

De tels événements peuvent s'avérer secondaires à plusieurs actions ou situations :

(définition proposée par l'AAQTE)

Quelques constats, sur la base d'études

Extraits du dictionnaire français de l'erreur médicamenteuse, 72 pages, SFPC (introduction de Edith Dufay, Présidente d'AAQTE) [1] :

«L'observation des erreurs médicamenteuses amène à quatre constats majeurs :

  1. l'erreur médicamenteuse est rarement un acte isolé, elle ne survient pas seule. Elle est l'enchaînement imprévu, mais curieusement fréquemment prévisible, de divers événements auxquels contribuent différents acteurs, ...
  2. au premier signal d'alerte, elle est aisée à détecter au contraire de la combinaison de facteurs, des circonstances et des défaillances qui en est à l'origine....
  3. nul n'est à l'abri d'une erreur médicamenteuse. Chacun est faillible dans ses connaissances et dans la mise en œuvre de celles-ci....
  4. l'erreur médicamenteuse est le résultat logique d'un paradoxe bien ancré dans nos établissements de santé celui d'associer à l'utilisation de principes actifs reconnus dangereux, l'oganisation non sécurisée d'activités de soins.... On ne peut espérer prévenir les erreurs médicamenteuses si on n'implante pas dans les esprits la culture du risque et de la performance, préalable indispensable à la réorganisation du circuit du médicament.

Il se dessine derrière ces quatre constats une réponse implicite mais rarement mise en avant, à la pérennisation de la distribution globale du médicament, organisation la moins sécurisée du circuit du médicament dans nos établissements de santé : le déni, par la totalité des professionnels de santé, du risque lié au médicament.

Chacun d'entre nous a la conviction de maîtriser les activités qui lui incombent, parce que nous avons un mode de fonctionnement individuel cloisonné sans regard extérieur.

Nous avons aussi banalisé le médicament. Quoiqu'il représente un acte thérapeutique inévitable, sa balance bénéfices-risques est insuffisamment évaluée et fréquemment dédramatisée jusqu'à l'en oublier.

La diminution du coût des médicaments, ou alors leur gratuité, ... contribuent sans doute à cette banalisation.

De surcroît, les événements indésirables graves (EIG) liés à une erreur médicamenteuse sont répartis et dilués sur tout notre territoire national. La conséquence immédiate est l'absence de médiatisation, alors que le bilan annuel en termes de préjudice humain est particulièrement beaucoup supérieur à celui occasionné par des "catastrophes" hypermédiatisées telles que l'explosion de l'usine AZF, l'accident du Tunnel du Mont Blanc, le crash du Concorde, etc. »

Quelques chiffres

«L'étude ENEIS[2] estime ce bilan humain à 50 000 ou alors 80 000 événements indésirables graves EIG liés au médicament par an, événements survenant pendant l'hospitalisation et cela sans évoquer leurs conséquences financières.

Le déni du risque est rassurant, mais il laisse aux erreurs médicamenteuses la possibilité de se renouveler. 1.5% des hospitalisations sont dues à des événements indésirables graves liés au médicament. Ceux qui surviennent durant l'hospitalisation s'évaluent à 1.4 pour 1000 journées d'hospitalisation en secteurs de médecine, chirurgie, obstétrique.

En regard des 11.5 millions d'hospitalisations et des 134.7 millions de journées d'hospitalisation en France en 2003, ces données impressionnent.

Dans l'étude ENEIS, la moitié de ces EIG est sans doute due à des erreurs médicamenteuses. Pour des raisons méthodologiques, cette estimation est sous-évaluée de mon point de vue, l'épidémiologie ayant marqué le pas à l'analyse causale. Les événements indésirables graves liés à l'erreur médicamenteuse représenteraient en réalité énormément plus de la moitié ". »

Note

  1. Iatrogénèse médicamenteuse. Evénements indésirables : effets indésirables ou erreur médicamenteuse ? Tableaux récapitulatifs
  2. Extraits de DREES n°398, mai 2005 "Événements indésirables graves (EIG) dans les établissements de santé"

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